Combien de temps vous arrivez à écouter d'affilée ?
Je me suis rendu compte d'un truc bizarre en commençant Le château des Carpathes. Cinq heures et demie au compteur, et moi qui tenais péniblement vingt minutes sur un livre papier, je me suis retrouvé à faire des détours en rentrant du travail pour finir un chapitre.
Après je suis passé sur Coco, qui fait neuf minutes, et là c'était l'inverse : trop court, j'ai enchaîné avec Celle qui attend dans la foulée.
Du coup je me demande comment vous faites. Vous préférez les longs formats qu'on étale sur deux semaines, ou les textes courts qu'on avale d'un coup ? Et surtout : vous écoutez en faisant autre chose, ou vous vous asseyez vraiment pour écouter ? Moi j'ai essayé pendant la vaisselle et j'ai dû revenir en arrière trois fois.
Votre question touche quelque chose que j'ai mis longtemps à comprendre en écrivant pour l'oreille. La durée n'est pas une contrainte de production, c'est une contrainte d'écriture.
Sur un texte de neuf minutes comme Coco, Maupassant n'a pas le droit à une seule phrase de trop : tout ce qui n'avance pas se voit. Sur cinq heures, l'auditeur accepte qu'on le laisse respirer, et il a même besoin de passages où il peut relâcher l'attention sans perdre le fil. Ce sont deux métiers différents.
Sur votre expérience de la vaisselle, je ne crois pas que ce soit un défaut d'attention. Quand j'écris, je pars du principe que l'auditeur fait autre chose et je place les informations nécessaires à deux endroits différents, pour que celui qui décroche puisse se rattraper. Un texte qui ne pardonne aucune seconde d'inattention est un texte que j'ai mal construit.
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